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Le quotidien La Provence révèle que Météo-France envisage de supprimer 475 postes et de fermer 32 centres météorologiques en France d'ici 2022. Il est probable qu'il ne reste à terme plus qu'une seule direction régionale de Météo France dans le Grand-Est (basée à Illkirch). Ce n'est pas beaucoup mieux dans les sociétés météo privées européennes qui se séparent également de leurs prévisionnistes. Ces nouvelles réductions d'effectifs viennent confirmer une tendance plus profonde, le métier de météorologue existera t'il encore dans 10 ans?
 
 
Imposer les prévisions automatiques
Le but? Faire des économies bien sûr, en cherchant à imposer les prévisions automatisées sans prévisionniste, qui représentent déjà plus de 80% des prévisions disponibles, gratuites ou payantes ! "Les modèles de prévisions s'améliorent. On a un gain de charge de travail permis par l'automatisation de certaines productions." déclare Françoise Marche, directrice interrégionale Météo-France pour le Sud-est. Actuellement, certaines données destinées au public et aux autorités sont encore partiellement expertisées par un prévisionniste. "À l'avenir, ces données seront issues directement des modèles numériques de Météo-France". 
Si il est indéniable que les modèles accomplissent des progrès remarquables depuis une vingtaine d'années, se passer du météorologiste revient à faire de la météo un simple algorithme, une donnée à consulter de manière "passive" via des applications. Ne comptez plus sur le conseil d'un prévisionniste, ne comptez plus sur la possibilité d'avoir quelques précisions supplémentaires via un bulletin rédigé.
 
 
 Désolé la météo que vous consultez est automatique...
 
Prévisions automatiques vs expertise humaine
 
Chez ATMO-RISK, nous avons senti cette tendance lourde arriver il y a déjà de nombreuses années. Il s'agit même de notre raison d'être car nous pensons à contrario que cette évolution est néfaste pour le public, les acteurs sensibles et les autorités, qui ont tous besoins d'une information météorologique de qualité. Voici pourquoi :
 
- Une prévision automatique ne repose que sur un seul modèle météo. Or, il en existe une multitude. Si le modèle sur lequel est basé la prévision est faux, rien ne permet de la corriger. Avec un prévisionniste, la prévision est soit corrigée, soit reposera sur un modèle jugé plus performant dans une situation donnée. Ainsi, le prévisionniste compare plusieurs scénarios et données avant de réaliser sa prévision, ce qui la rend plus robuste et fiable.
 
T'as regardé quoi comme météo?
           - Ben et toi? 
                     
 
- Une prévision automatique est trop déterministe. Prenons l'exemple d'une situation à averses. Une averse est par définition localisée et brève en un endroit donné. Or, si le modèle simule une averse à Strasbourg à 15h32, la prévision automatique donnera "pluie" à 15H32 à Strasbourg mais peut être rien du tout à Vendenheim ou Erstein. Or il est bien sûr impossible de prévoir les averses de cette façon, ces dernières étant bien trop aléatoires. Dans la réalité, il est ainsi très probable que l'averse se produise à 13 ou 17h et à Brumath ou Entzheim plutôt qu'à Strasbourg. Un prévisionniste lui, va "lisser" tout cela pour rendre l'information exploitable par le client. Il va annoncer un risque d'averses sur une tranche horaire plus souple tout en mentionnant que ces dernières seront plus ou moins fréquentes et ce, pour l'ensemble des communes visées, en prenant du recul sur les modélisations.
 
 Mon iphone me disait soleil pourtant...
 
- Une prévision automatique ne tient pas compte des spécifités locales. Là encore, prenons un exemple. Tout le monde sait que la plaine centrale d'Alsace est soumise au foehn. Or, le modèle, surtout si il est à mailles grossières, aura bien du mal à modéliser ce phénomène. Ainsi, la prévision automatique indiquera des pluies sans distinction pour Colmar et Ste Marie Aux Mines alors que dans les faits, il pourra ne pas pleuvoir du tout ou faiblement à Colmar. Là encore, seul le prévisionniste pourra indiquer ces variations locales en indiquant que les risques de pluies seront plus faibles voire nuls en plaine centrale.
 
Une prévision automatique ne donne pas de conseils. On touche là au coeur du métier de météorologue. Certes, la base du prévisionniste reste l'étude des modèles météo pour élaborer une prévision. Mais tout un pan de son activité consiste également à aiguiller les acteurs, public et clients vers les bonnes décisions.
Aucune prévision automatique ne pourra dire "attention au risque de coulées boueuses sous ces averses car les sols sont déjà saturés par les précipitations de la semaine précédente".
Aucune prévisions automatique ne peut dire "la perturbation accuse un léger retard, vous avez encore une heure pour finir votre chantier" ou encore, comme nous l'avons fait pour le spectacle Arts et Lumières de Furdenheim en 2017, "malgré la vigilance orange, il n'y a plus aucun risque d'orages violents, il ne s'agit que de pluies modérées jusqu'à 22h environ" et pour le cinéma en plein air du Val d'Argent de 2014 "les fortes pluies actuelles auront cessé à 20h avant la séance".
 
A présent, la météorologie se retrouve probablement à un carrefour de son évolution en terme de savoir-faire, entre une voie tout automatique déployée par les grands acteurs du marché (Météo France, grandes entreprises européennes privées) et de petits acteurs indépendants qui remettent l'humain au centre du service et proposent une météo dynamique, pro active et d'assistance personnalisée, courant initié par ATMO-RISK, premier bureau météo indépendant de proximité. Reste à savoir vers quoi vont se tourner public et acteurs sensibles...